|
“Du hasard à l’imagination” Une peinture, une histoire
Le peintre est un inventeur, la toile blanche est son défi. Le point de départ d’un tableau résulte en général d’une volonté, d’un choix de l’artiste. J’ai voulu emprunter une autre voie, celle du seul hasard et laisser la responsabilité initiale à un geste fortuit et irraisonné de la main. Je verse sur la toile blanche du brou de noix. Je le fais osciller durant le séchage pour nuancer la couleur brune, voir surgir des formes et des signes. Ou bien je remplace le brou de noix par des coulées de peinture : elles tracent des frontières en relief comme sur un vitrail. La toile devient un théâtre: le hasard a planté le décor. A l’imagination du peintre d’inventer une histoire, de nouer l’intrigue, de régler la mise en scène. C’est une aventure passionnante que je vous livre dans cette exposition. Puis, l’idée m’est venue d’ajouter la parole à l’image et d’écrire pour chaque oeuvre un texte particulier qui l’accompagne : un clin d’oeil, un écho, une pensée plus profonde. Dans mon atelier veille une statuette en bois : elle représente un humble paysan chinois portant l’offrande du sel. J’ai voulu ajouter un peu de sel à votre curiosité.
Yves Goussebaire-Dupin

Tous les hasards de Yves Goussebaire-Dupin
Nous avions laissé Yves Goussebaire-Dupin en 2004, déjà à la Chapelle des Carmes, avec une exposition qui permettait de montrer des toiles peintes depuis 1995. A cette époque-là, l’ancien maire de Dax avait repris les pinceaux abandonnés depuis 1973, pendant une longue parenthèse où il exerça ses fonctions de premier magistrat de la Ville de Dax et aussi de Sénateur. En 2004, l’exposition dacquoise révélait un sens aigu de la couleur, une maîtrise du geste et la force d’une personnalité. Cinq ans plus tard, Yves Goussebaire-Dupin revient avec près de soixante tableaux qui seront accompagnés de textes écrits par ses soins. Des textes et des tableaux dont les thèmes sont parfois graves, parfois légers et primesautiers. Ainsi se promène-t-il d’un thème à l’autre avec la curiosité et le sourire de celui qui collectionnera bientôt quatre-vingt printemps. Du Chat Botté à l’Epouvantail en passant par le Poisson, Pékin 2008, l’Arbre Lion, les Sorcières. Autant de sujets qui offrent à l’artiste l’occasion de se promener dans les labyrinthes de son imagination fertile, elle-même éveillée par le hasard de la technique. Sur la toile blanche, Yves Goussebaire-Dupin verse en effet du brou de noix qu’il fait osciller, qu’il laisse sécher. Une couleur brune prend une forme. Alors l’imagination et les couleurs et le scénario qui s’imposent font le reste.
Quelques repères biographiques et actualité
L’activité picturale d’Yves Goussebaire-Dupin se scinde en trois périodes, avec un entracte de 22 ans (de 1973 à 1995) dû aux contraintes de ses responsabilités professionnelles et publiques.
1962 - 1973 : la découverte La première période, 1962 –1973, figurative moderne, s’inspire de paysages landais et gascons, et se nourrit de la construction de natures mortes. Yves Goussebaire-Dupin, qui n’a fréquenté aucun cours de dessin ou de peinture, bâtit ses toiles à l’instinct, à coup de traits puissants, assemblant les couleurs comme des éléments d’architecture. Puis il évolue peu à peu vers l’abstraction.Quelques expositions jalonnent ces années, dont une, personnelle, à la Galerie du Fleuve à Bordeaux, saluée très favorablement par la critique. S’il ne peint pas de 1973 à 1995, Yves Goussebaire-Dupin reste très proche de la vie artistique et picturale, visitant de nombreuses expositions importantes, en France et à l’étranger.
1995 - 2004 : Le renouveau Yves Goussebaire-Dupin reprend le pinceau en 1995, avec un regard neuf, une palette colorée plus éclatante, une volonté de simplification. Après quatre présentations à Paris en 1999 et 2000, l’exposition 2004 à la Chapelle des Carmes de Dax illustre un parcours aux multiples avancées. Les toiles les plus récentes expriment la maîtrise du geste et la force de la personnalité. Quelques traits, l’explosion des couleurs cherchent à traduire, dans l’imaginaire, l’impatience du monde : plus vite, plus loin.
2004 - 2010 : La maturité Pour sa nouvelle exposition, à la Chapelle des Carmes de Dax, Yves Goussebaire-Dupin à encore évolué. Confiant au hasard et à l’imagination le sujet, la matière et l’esprit de ses toiles, il rentre, depuis fin 2004, dans un monde nouveau d’une grande originalité. Une situation, une histoire, des personnages apparaissent au gré d’un jet de brou de noix ou de peinture. La toile devient la scène d’un théâtre inventif et coloré. A cette exposition 2010, l’artiste ajoute une seconde surprise. Posant le pinceau, prenant la plume de l’écrivain, il accompagne chaque tableau d’un texte personnel, invitant le public à pénétrer plus avant dans sa recherche. C’est une plume d’humour et de caractère, dans la tendresse des sentiments comme dans la force des convictions.
Un aperçu de l'exposition
Le héros « Paillettes »
Voici le héros, notre frère, notre porte-bonheur. Il fait partie de cette armée aux mille bravoures, aux mille intelligences, aux mille talents dont l’histoire et l’actualité nous proposent la revue. En tête du défilé, s’avancent les plus illustres: les “immortels” demi-dieux antiques, personnages décisifs de l’histoire, inventeurs du progrès des sciences et des techniques, initiateurs du mouvement de la pensée et des comportements, défenseurs et martyrs de leur terrre et de la liberté. Puis viennent les héros de circonstance, de passage. Ils traversent notre mémoire associés à un exploit, à une image: le gladiateur combattant les bêtes sauvages, les sans-culottes réveillant la France, le premier cosmonaute marchant sur la lune. Enfin défilent les héros de proximité, du sport, du divertissement, nos amis, nos frères. Nous les caressons, ils font partie de la famille.Grâce à la presse, à la télévision, à internet, au cinéma et tous autres moyens audiovisuels, ils entrent dans nos maisons, visitent nos esprits, enflamment nos sens, à tout moment et même par effraction. Ils brillent sous les sunlights, animent les plus grands rassemblements du sport et de la fête, domptent les océans. C’est le rêve qui passe, la “potion magique”. Mais soyons justes : il y a beaucoup d’autres héros, méconnus, quotidiens, exemplaires, rivés à leur “devoir d’état” comme on disait naguère. En particulier, celles et ceux qui méritent l’essentiel de notre amour et de notre reconnaissance : nos mères et nos pères, tout simplement.
 |
L’épouvantail
C’était un épouvantail ordinaire, sans miroir ni clochettes, un pauvre bougre échoué sur une jachère, les pieds dans l’eau, rongé par les vers, sous un ciel indéfiniment sombre. Ses hardes s’effilochaient et ses bras étendus lui donnaient des allures de crucifié. Comble de désespoir, cet être aimait la douceur et la gaité, les oiseaux, les fleurs, la pousse des semailles bien alignées, la caresse bienfaisante d’un soleil chaleureux. Il se mit à rêver. Ses yeux s’ouvrirent à des paysages colorés, à des ciels rayonnants, à des champs de lavande. Il s’imagina régnant sur un domaine bucolique, servi par des papillons dorés, des lucioles brillantes, tutoyant les astres du jour et de la nuit. L’espoir revenait lorsqu’un monstre mécanique, un horrible tracteur, son ennemi, sa terreur déboula sur le champ, droit sur lui dans toute sa fureur. Il en mourut.
Quelques oeuvres commentées par l'artiste :
Ouvrir Fiche_BOUILLON_DE_CULTURE.pdf
Ouvrir Fiche_A_LA_MEMOIRE_DE_MON_ONCLE.pdf
Ouvrir Fiche_LA_NATURE_MORTE_AU_MASQUE_AFRICAIN.pdf
Ouvrir Fiche_LA_POUPEE_RUSSE.pdf
Ouvrir Fiche_LE_CONTORSIONNISTE.pdf
Ouvrir Fiche_LES_FIOLES_A_POISON.pdf
Ouvrir Fiche_ROSSINANTE_EST_FATIGUEE.pdf
Tous les renseignements pratiques sur l'exposition cliquez ici
|